Prélèvement d'un échantillon d'eau en milieu naturel, destiné à l'analyse

Les substances per- et polyfluoroalkylées — les PFAS — sont entrées dans le contrôle sanitaire réglementaire de l'eau destinée à la consommation humaine en France en janvier 2026. La campagne nationale conduite par l'ANSES entre 2023 et 2025 permet enfin de raisonner sur des données représentatives plutôt que sur des cas isolés.

La campagne nationale : méthode et périmètre

Le rapport de l'ANSES, signé le 27 octobre 2025 et publié le 3 décembre 2025, porte sur :

  • 647 échantillons d'eau brute et 627 d'eau distribuée ;
  • un périmètre couvrant au moins 20 % de la population française ;
  • 35 PFAS recherchés, dont 20 ont été détectés en eau brute et 19 en eau traitée.

C'est un point méthodologique décisif : il ne s'agit pas d'un échantillonnage ciblé sur des sites suspects, mais d'une campagne construite pour être représentative. Les résultats peuvent donc être lus comme un état des lieux, et non comme une collection de cas extrêmes.

Les résultats en eau distribuée

Les composés les plus fréquemment détectés dans l'eau distribuée sont :

  • PFHxS — 21,7 % des échantillons, maximum 62 ng/L ;
  • PFOS — 19,1 %, maximum 260 ng/L ;
  • PFHxA — 16,1 %, maximum 92 ng/L.

Concernant les dépassements :

  • 9 échantillons sur 627, soit 1,4 %, dépassaient 100 ng/L pour la somme des 20 PFAS réglementés (valeurs de 110 à 451 ng/L) ;
  • pour la somme des 4 PFAS prioritaires, 106 échantillons (16,9 %) dépassaient 4 ng/L et 32 (5,1 %) dépassaient 20 ng/L, seuil provisoire recommandé par le Haut Conseil de la santé publique.
627échantillons d'eau distribuée analysés
19PFAS détectés en eau traitée sur 35 recherchés
1,4 %des échantillons au-dessus de 100 ng/L
Comment lire ces chiffres honnêtement. 98,6 % des échantillons respectaient la limite réglementaire. Écrire que « l'eau du robinet française est contaminée aux PFAS » serait une déformation. Mais 16,9 % au-dessus de 4 ng/L sur les quatre composés prioritaires signifie que la présence est diffuse, à des niveaux faibles — et que la question porte sur l'exposition chronique cumulée, pas sur un risque aigu.

La norme applicable depuis janvier 2026

La directive européenne 2020/2184 fixe une limite de qualité de 0,10 µg/L, soit 100 ng/L, pour la somme de 20 PFAS. Son contrôle sanitaire est effectif en France depuis janvier 2026.

Le décret n° 2025-1287 du 22 décembre 2025 précise le dispositif national à l'article D.1321-15-2 du code de la santé publique, en portant la liste à 22 molécules. Selon nos sources — secondaires sur ce point précis, que nous n'avons pas pu confirmer sur le texte consolidé —, la recherche du TFA et du 6:2 FTSA ne deviendrait obligatoire qu'au 1er janvier 2027.

La loi du 27 février 2025

La loi n° 2025-188 du 27 février 2025 visant à protéger la population des risques liés aux PFAS est le texte le plus offensif adopté en France sur le sujet. Elle prévoit :

  • des interdictions au 1er janvier 2026 pour les produits cosmétiques, les farts de ski, les textiles d'habillement, les chaussures et les produits imperméabilisants — hors équipements de protection individuelle et applications de défense ;
  • une extension à tous les textiles au 1er janvier 2030 ;
  • une redevance de 100 € par 100 grammes de PFAS rejetés, au-delà d'un seuil de 100 g par an ;
  • la fin des rejets aqueux industriels de PFAS sous cinq ans.

Le calendrier compte : la loi agit sur les flux — ce qui entre dans l'environnement demain. Elle n'agit pas sur les stocks déjà présents dans les sols et les nappes, dont la persistance se compte en décennies. C'est la raison pour laquelle la question du traitement de l'eau restera posée longtemps après les interdictions.

Le cas de l'Occitanie

La région a été particulièrement documentée. L'ARS Occitanie a mené une campagne exploratoire sur 327 points en 2024, et environ 200 points occitans ont été intégrés à la campagne nationale de l'ANSES. Depuis le 1er juillet 2025, les PFAS sont intégrés à la surveillance de routine dans la région.

Dans le Gard, en aval du site industriel de Salindres, la campagne du 5 mars 2025 a porté sur 32 captages, tous conformes à la limite de 0,1 µg/L. Une non-conformité a en revanche été documentée à Aubord, ayant conduit à une restriction d'usage et à la mise en place d'un traitement au charbon actif.

Ne pas confondre surveillance et non-conformité. Un captage placé sous surveillance renforcée n'est pas un captage pollué au-delà des normes. Dans les Pyrénées-Orientales, les quatre captages suivis affichaient des concentrations comprises entre 50 et 60 ng/L lors de la campagne de février-avril 2024 — en dessous de la limite réglementaire de 100 ng/L.

Ce que l'on peut faire, et ce que l'on ne peut pas promettre

Les familles de technologies citées par les autorités sanitaires pour l'abattement des PFAS en traitement d'eau sont le charbon actif et les membranes — nanofiltration, osmose inverse. Leur efficacité dépend fortement du composé visé : les PFAS à chaîne courte, plus mobiles, sont nettement plus difficiles à retenir que les chaînes longues.

Notre position, explicitement. Nous ne revendiquons aucun taux d'abattement des PFAS pour nos équipements. Une telle affirmation exigerait des essais de laboratoire indépendants sur les molécules concernées et une certification adaptée : nous ne les avons pas. Ce qu'un générateur d'eau atmosphérique apporte est d'une autre nature : il ne prélève pas dans la nappe. C'est une ressource de substitution, pas un traitement curatif d'une eau contaminée.

Pour un particulier, la démarche rationnelle est : consulter les résultats du contrôle sanitaire de sa commune, publiés par l'ARS ; vérifier si les PFAS y sont recherchés et à quels niveaux ; et n'envisager un dispositif de traitement qu'après ce constat, en exigeant des performances documentées pour les molécules réellement présentes.

À retenir

  • Campagne ANSES 2023-2025 : 627 échantillons d'eau distribuée, 19 PFAS détectés sur 35 recherchés.
  • 1,4 % des échantillons dépassaient la limite de 100 ng/L ; 16,9 % dépassaient 4 ng/L sur les 4 PFAS prioritaires.
  • La limite réglementaire européenne de 0,10 µg/L pour 20 PFAS est contrôlée en France depuis janvier 2026.
  • La loi du 27 février 2025 interdit les PFAS dans plusieurs usages dès 2026 et crée une redevance sur les rejets.
  • Charbon actif et membranes sont les technologies citées par les autorités — nous ne revendiquons aucun taux d'abattement pour nos équipements.

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Sources

  1. ANSES — Campagne nationale PFAS dans les eaux destinées à la consommation humaine (LABORATOIRE-2024-AST-0045)
  2. Directive (UE) 2020/2184 relative à la qualité des eaux destinées à la consommation humaine
  3. Loi n° 2025-188 du 27 février 2025 — Légifrance
  4. ARS Occitanie — Les composés per- et polyfluoroalkylés (PFAS)
  5. ARS Occitanie — Résultats de la campagne PFAS et TFA, 5 mars 2025

Les données citées valent à la date de publication indiquée. Les séries statistiques et les textes réglementaires évoluent : reportez-vous aux sources originales pour la version en vigueur.

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