Parcelle agricole irriguée, principale voie de diffusion du TFA vers les eaux

L'acide trifluoroacétique — TFA — est un PFAS à chaîne ultra-courte. Il ne figure pas dans la liste des vingt composés soumis à la limite de 0,10 µg/L. Pourtant, il est de très loin le plus fréquemment retrouvé dans l'eau destinée à la consommation humaine en France.

Qu'est-ce que le TFA

Le TFA est un produit de dégradation terminal : il se forme à partir de nombreuses substances fluorées — gaz réfrigérants, produits phytosanitaires, médicaments — qui se décomposent dans l'environnement. C'est le bout de la chaîne, la molécule que plus rien ne dégrade.

Sa très petite taille et sa forte solubilité dans l'eau expliquent à la fois son omniprésence et la difficulté à l'éliminer : il traverse la plupart des barrières de traitement conçues pour les PFAS à chaîne longue.

Les niveaux mesurés en France

La campagne nationale de l'ANSES publiée en décembre 2025 donne des ordres de grandeur sans équivalent dans la famille des PFAS :

  • quantifié dans 92 % des prélèvements ;
  • concentration médiane de 780 ng/L ;
  • maximum mesuré de 25 000 ng/L, soit 25 µg/L.
92 %des prélèvements où le TFA est quantifié
780 ng/Lconcentration médiane
25 000 ng/Lmaximum mesuré

Pour donner l'échelle : la médiane du TFA est presque huit fois supérieure à la limite réglementaire applicable à la somme des vingt PFAS listés. Ce n'est pas une infraction — le TFA n'est pas dans cette liste — mais cela dit quelque chose de la structure du problème.

Quels seuils s'appliquent

La direction générale de la santé a défini, par l'instruction DGS/EA4/2025/22, une valeur sanitaire indicative (VSI) de 60 µg/L pour le TFA, avec une trajectoire visant à passer sous 10 µg/L.

Dans la campagne nationale comme dans les campagnes régionales, aucun dépassement de la VSI de 60 µg/L n'a été constaté. Mais l'ARS Occitanie a relevé, dans le Gard en aval de Salindres, 13 sites proches ou supérieurs à 10 µg/L, avec un maximum de 37 µg/L, ce qui a conduit à un suivi mensuel renforcé.

Une valeur indicative n'est pas une norme. La VSI est un repère de gestion sanitaire, pas une limite de qualité opposable au sens du code de la santé publique. Elle peut évoluer : la trajectoire annoncée vers 10 µg/L signifie que des sites aujourd'hui « sous le seuil » pourraient demain se retrouver au-dessus, sans que leur eau ait changé.

Selon nos sources, la recherche du TFA deviendrait obligatoire dans le contrôle sanitaire au 1er janvier 2027. Nous n'avons pas pu vérifier ce point sur le texte consolidé du décret n° 2025-1287 du 22 décembre 2025.

Le TFMSA, découvert au passage

La campagne de l'ANSES a mis en évidence pour la première fois en France la présence d'un autre composé, l'acide trifluorométhanesulfonique (TFMSA) : présent dans 13 % des échantillons, avec une médiane de 28,5 ng/L et un maximum de 4 900 ng/L.

C'est l'un des enseignements les plus utiles de ce type de campagne : on ne trouve que ce que l'on cherche. Élargir la liste des molécules analysées fait apparaître des composés qui étaient déjà là.

Pourquoi il est si difficile à retenir

Les technologies classiquement citées pour les PFAS — charbon actif en grains, résines échangeuses d'ions, nanofiltration — reposent en grande partie sur l'adsorption de la chaîne carbonée fluorée. Plus la chaîne est courte, moins la molécule s'adsorbe, et plus elle passe.

Le TFA, avec deux atomes de carbone, est le cas extrême. C'est ce qui explique qu'il constitue aujourd'hui un point dur technique reconnu, pour lequel il n'existe pas de solution de traitement simple et économique à l'échelle d'un réseau de distribution.

Nous ne revendiquons aucune performance d'abattement du TFA pour nos équipements. Un générateur d'eau atmosphérique produit de l'eau à partir de l'humidité de l'air, sans prélèvement dans la ressource ; c'est une logique de substitution de ressource, distincte du traitement d'une eau déjà chargée. La qualité de l'eau produite dépend de l'air d'entrée et de la chaîne de traitement de l'appareil, et doit être vérifiée par analyse.

À retenir

  • Le TFA est quantifié dans 92 % des prélèvements français, avec une médiane de 780 ng/L.
  • Il n'appartient pas à la liste des 20 PFAS soumis à la limite de 0,10 µg/L.
  • La valeur sanitaire indicative est de 60 µg/L, avec une trajectoire annoncée sous 10 µg/L.
  • Aucun dépassement de la VSI relevé, mais 13 sites gardois proches ou au-dessus de 10 µg/L.
  • Sa chaîne ultra-courte le rend très difficile à retenir par charbon actif ou nanofiltration.

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Sources

  1. ANSES — Campagne nationale PFAS dans les eaux destinées à la consommation humaine
  2. ARS Occitanie — Campagne PFAS et TFA dans le Gard, 5 mars 2025
  3. Décret n° 2025-1287 du 22 décembre 2025 — Légifrance

Les données citées valent à la date de publication indiquée. Les séries statistiques et les textes réglementaires évoluent : reportez-vous aux sources originales pour la version en vigueur.

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