Depuis le 1er juillet 2026, les parcs de stationnement extérieurs de plus de 10 000 m² sont soumis à l'obligation de solarisation issue de l'article 40 de la loi APER. C'est le premier jalon réellement contraignant d'un dispositif voté en 2023 — mais son contenu n'est plus celui qui avait été annoncé à l'époque.
Le calendrier des obligations
L'article 40 de la loi n° 2023-175 du 10 mars 2023 relative à l'accélération de la production d'énergies renouvelables, précisé par le décret n° 2024-1023 du 13 novembre 2024, impose l'installation d'ombrières photovoltaïques sur les parcs de stationnement extérieurs existants, selon deux échéances :
- 1er juillet 2026 — parcs de plus de 10 000 m² ;
- 1er juillet 2028 — parcs de plus de 1 500 m².
Le texte initial prévoyait que les ombrières couvrent 50 % de la superficie du parc. C'est ce chiffre qui a circulé pendant deux ans dans la presse professionnelle. Il n'est plus exact.
L'assouplissement du 26 novembre 2025
La loi n° 2025-1129 du 26 novembre 2025, entrée en vigueur le 28 novembre 2025, a substantiellement révisé le dispositif. Trois changements comptent pour un exploitant :
- la part du parc à couvrir par des ombrières photovoltaïques passe de 50 % à 17,5 % de la superficie — l'obligation d'ombrage globale reste de 35 %, le solde pouvant être atteint par végétalisation ;
- les plans locaux d'urbanisme ne peuvent plus interdire l'installation d'ombrières photovoltaïques sur les parkings soumis à l'obligation ;
- une alternative est ouverte : produire une quantité d'énergie renouvelable équivalente par un autre moyen sur le site, sans passer par l'ombrière.
Concrètement, la surface photovoltaïque exigée sur un parking de 12 000 m² passe d'environ 6 000 m² à environ 2 100 m². L'investissement minimal de mise en conformité est donc très nettement inférieur à ce que laissait attendre le texte de 2023.
Les toitures de bâtiments suivent une autre logique
L'obligation « parkings » est souvent confondue avec l'obligation « bâtiments », qui relève d'articles différents et de taux différents :
- bâtiments neufs non résidentiels de plus de 250 m² d'emprise : 30 % de la toiture en photovoltaïque ou végétalisation (art. L.111-18-1 du code de l'urbanisme) ;
- extensions de plus de 250 m² : 30 % (art. L.111-18-2) ;
- bâtiments existants et rénovations lourdes de plus de 250 m² : 50 % au 1er janvier 2028 (art. L.171-4 du code de la construction et de l'habitation) ;
- parkings neufs de plus de 500 m² : 50 % de la superficie ombragée (art. L.111-19-1 du code de l'urbanisme).
Pour une plateforme logistique ou un hypermarché, ces obligations se cumulent : la toiture relève d'un régime, le parking d'un autre, avec des dates d'entrée en vigueur distinctes. C'est le point qui produit le plus d'erreurs de planification.
Sanctions et points à vérifier
Le dispositif prévoit des sanctions financières annuelles en cas de non-conformité, d'un ordre de grandeur nettement supérieur pour la tranche haute de surface. Les montants circulant dans la presse spécialisée sont de 40 000 € par an au-delà de 10 000 m² et de 20 000 € par an entre 1 500 et 10 000 m². Nous n'avons pas pu vérifier ces montants sur le texte consolidé ; avant toute décision, faites confirmer le régime de sanction applicable à votre situation par un conseil juridique.
Trois exonérations méritent d'être examinées avant de lancer une étude : les contraintes techniques ou de sécurité, les contraintes patrimoniales ou architecturales, et l'existence d'un coût manifestement disproportionné. Elles ne se présument pas et doivent être documentées.
Comment lire ces obligations quand on est exploitant
Une ombrière n'est pas seulement une contrainte réglementaire. Elle produit de l'électricité au moment où un site tertiaire ou commercial consomme le plus — la journée, en été, quand la climatisation tourne. C'est le profil d'autoconsommation le plus favorable qui existe, bien meilleur que celui d'une toiture résidentielle.
À cela s'ajoutent deux effets non énergétiques rarement chiffrés mais réels : le confort d'usage du parking pour les clients ou les salariés, et la protection des véhicules. Sur un parc de supermarché, l'ombrière est un service rendu autant qu'un actif de production.
Enfin, l'ombrière est le support naturel des bornes de recharge : la structure porte les câbles, l'ombre protège les points de charge, et l'obligation LOM sur les parkings de plus de 20 emplacements se traite dans le même chantier.
À retenir
- Parkings existants : > 10 000 m² depuis le 1er juillet 2026, > 1 500 m² à partir du 1er juillet 2028.
- La loi du 26 novembre 2025 a ramené la part à couvrir en photovoltaïque de 50 % à 17,5 % de la superficie du parc, le reste pouvant être végétalisé.
- Les PLU ne peuvent plus interdire les ombrières sur les parkings soumis à obligation.
- Les toitures de bâtiments relèvent d'un régime distinct : 30 % en neuf, 50 % sur l'existant au 1er janvier 2028.
- Le minimum légal est rarement l'optimum économique : le coût au kWc baisse fortement avec la surface installée.
Un projet solaire à chiffrer ?
Nos agences de Mérignac, Valence et Cabestany étudient votre toiture, votre profil de consommation et le dimensionnement du stockage.
Sources
- Loi n° 2023-175 du 10 mars 2023 (APER), article 40 — Légifrance
- Décret n° 2024-1023 du 13 novembre 2024 — Légifrance
- Obligations de solarisation : changements introduits par la loi du 26 novembre 2025 — photovoltaique.info
- Article L.171-4 du code de la construction et de l’habitation — Légifrance
- FAQ solarisation des bâtiments et parkings — DREAL Auvergne-Rhône-Alpes
Les données citées valent à la date de publication indiquée. Les séries statistiques et les textes réglementaires évoluent : reportez-vous aux sources originales pour la version en vigueur.

